L'interview d'Yvan Lopez
Photo Yvan Lopez

« Le mistral années 1970 » sort le 22 juin. Pouvez-vous nous faire une présentation du roman ?

Comme son titre l’indique, il s’agit de plonger le lecteur dans l’univers du Mistral trente cinq ans plus tôt. Roland travaille déjà au bar du Mistral, aux côtés de son père, avec lequel il entretient une relation très difficile. C’est déjà un adulte responsable, sérieux, dévoué à la famille, un peu trop même, car ce sens de l’honneur et de droiture ne sont pas vraiment récompensés, et Roland se sent mal dans sa peau. De son côté, Frémont est un jeune « caïd » qui commence à se faire une place dans la mafia locale. Il est démesurément ambitieux, séducteur, et n’a pas son pareil pour manipuler les gens. Or Frémont est littéralement hanté par une obsession : la destruction de Roland et sa famille qu’il rend responsables de la mort de sa mère, quelques années plus tôt. Le début du roman est d’ailleurs consacré à ce drame, qui repose sur un absurde malentendu, mais qui va entraîner des conséquences tragiques en cascade. Frémont va entraîner dans son plan machiavélique une jeune femme à la personnalité flamboyante qui jouera un rôle très important dans la suite des évènements : Iris Lenoir, la future mère de Thomas, personnage du feuilleton actuel que les fans connaissent bien…

Ce tome n’aborde-t’il que la jeunesse de Charles Frémont et Roland Marci ?

Non, pas uniquement. C’est aussi un roman sur les années soixante-dix, que j’ai tenté de faire exister à travers des anecdotes et des faits réels, et en parsemant le récit de clins d’œil à cette époque, comme un jeu de piste un peu ludique. Le but était de lier le parcours des personnages aux bouleversements qui avaient lieu à ce moment-là dans tous les domaines. Cette « radioscopie » de l’époque est faite avec humour, compte tenu des outrances et du kitch propre aux « seventies » ! Dans cette logique, le roman accorde une place de premier plan à Iris Lenoir, en tant qu’ « icône » de la culture rock : indépendante, instinctive, aventurière, sans tabous, elle « électrise » Frémont, et tous deux se retrouvent sur un trait de caractère qu’ils partagent : tels des félins, ils ne se laissent dominer par personne… En ce sens, ils représentent les aspirations de cette génération à toujours plus de liberté, à « jouir sans entraves » comme on disait alors. Roland, de son côté, est l’héritier d’une manière de vivre plus conformiste, il est un peu prisonnier de la « morale » traditionnelle, il est prêt à sacrifier son épanouissement personnel pour préserver sa famille. Et puis n’oublions pas que, sans être un thriller, le roman se déroule dans un climat de suspense et de tension propres à ce genre de récit. Ça ne ressemble absolument pas à une « chronique de jeunesse », mais plutôt à une intrigue à rebondissements rythmés par la soif de vengeance et les manipulations de Frémont. En ce sens, il ressemble à la série…

Photo roman : le mistral des années 70

Ce roman décrit la jeunesse du Mistral. Aide - t’il à mieux comprendre le feuilleton et surtout la psychologie de certains personnages ?

Absolument car ce roman abordant la vie des personnages « avant » le feuilleton, il comble obligatoirement des lacunes en livrant quelques clés sur des problèmes, des comportements, des évènements, qui auront une importance essentielle dans la vie « actuelle » du Mistral. Ainsi, il n’a jamais été clairement expliqué, dans la série, pour quelles raisons Charles Frémont était animé de sentiments aussi malfaisants. Pourquoi cet homme entretient-il en permanence une ambition dénuée de scrupules, de quoi cherche-t-il à se venger ? Pourquoi prend-il plaisir à manipuler la Terre entière ? Le roman apporte les réponses à ces questions, explorant, en quelque sorte les « racines du mal » de Frémont. On va ainsi découvrir qu’à l’origine du « méchant » Frémont, il y a surtout un adolescent profondément meurtri par un drame. De même avec Roland, ses premiers pas dans la vie adulte vont se caractériser par un affrontement très dur avec son père, et l’accumulation d’une série de frustrations et de déceptions qui vont entraîner, entre autres, sa liaison avec Iris Lenoir. Or, sans cette liaison, le personnage de Thomas n’existerait pas dans le présent…

Avez-vous participé à l’écriture du feuilleton ?

J’ai travaillé sur environ 160 épisodes de la première saison, à la conception des histoires, et notamment sur ceux où le docteur Livia terrorisait le Mistral et voulait assassiner Charlotte. Là, dans le roman, on assiste à la première apparition, déjà inquiétante, du docteur Livia, qui aide Frémont à exécuter son plan. C’était donc très excitant pour moi d’établir un lien entre des évènements qui se sont déroulés à plus de trente ans de distance !

Les lecteurs ont entre leurs mains le tome 1 d’une collection. Combien de numéros sont prévus ?

A priori il s’agira d’une trilogie, sur le modèle de « Millenium », et se déroulant sur une dizaine d’années, avec comme lien entre les trois romans, le destin funeste d’Iris Lenoir, son histoire d’amour avec Roland, et l’ascension « criminelle » de Charles Frémont…