Avec Dominique Tallone, les comédiens sont entre de bonnes mains. Chaque jour, elle s’occupe patiemment de les maquiller, tout en faisant un brin de discussion.

Comment vous préparez-vous à une séance de maquillage ?

Dominique Tallonne : On lit d’abord le scénario pour voir ce que va jouer le comédien. Cela nous donne une idée du personnage. Puis on prend l’avis du directeur artistique. Ensuite le comédien arrive, après être passé par les costumes. Ses vêtements nous donnent beaucoup d’indications sur son style. On fait des essais de maquillage, que l’on modifie en fonction du directeur artistique, ainsi que du comédien.

Les acteurs ont donc leur mot à dire ?

D.T : Il faut que ça se passe bien. Il y a de la psychologie dans le maquillage. La personne doit se plaire, et s’il y a d’importants changements, il faut les amener en douceur. Mais en général les comédiens savent que ce ne sont que des rôles de composition, donc il n’y a pas de problème. Mais c’est vrai que l’on écoute leur avis, finalement les femmes savent bien ce qui leur va ou pas.

De la psychologie...

D.T : Je pense que le maquillage, c’est 80% de psychologie et 20% de maquillage ! Les connaissances pures ne suffisent pas. Il faut avoir un certain feeling, être patient, sérieux... Il faut savoir rassurer les comédiens, les soutenir. Ils doivent sortir détendus d’une séance de maquillage.

Combien de temps dure une séance de maquillage ?

D.T : 1h15 pour les femmes et entre 30 et 45 minutes pour les hommes. Certains aiment prendre leur temps, boire un café... Par contre, c’est plus long quand il y a des blessures. En général j’ai besoin de 30 minutes à 1h30 de plus.

Quels sont les blessures qui ont été le plus difficile à réaliser ?

D.T : Il y a eu la mort de Manuel, au début. Il y avait beaucoup d’ecchymoses, qui devaient être très visibles. Ce n’était pas compliqué à faire, mais cela demandait beaucoup de temps. J’ai beaucoup aimé faire le doigt coupé de l’inspectrice qui avait été séquestrée. L’équipe de déco avait fait un moulage de son doigt, que nous avons maquillé. Dans l’épisode, le doigt était ensuite envoyé à Malik. Et puis nous avons dû faire la coupe sur le doigt de la comédienne. Il y aussi un long coup de couteau dans un avant-bras, et puis des nez cassés, des bleus... On s’occupe aussi de faire apparaître la fatigue, la transpiration, les pansements, les liens sur les poignets quand il y a enlèvement...

Le maquillage est-il différent selon que vous tournez en studio ou à l’extérieur ?

D.T : En extérieur, on allège le maquillage. On a tendance à plus insister quand c’est à l’intérieur. Aussi souvent que possible, en particulier pour les nouveaux comédiens, j’essaie de faire des essais avec la caméra, pour voir comment le maquillage rend ensuite à l’écran.

On dit que c’est très difficile de réussir dans ce métier sans un bon réseau de connaissances. Etes-vous d’accord ?

D.T : C’est sûr, il faut avoir de bons contacts, mais la qualité du travail l’emporte avant tout. On se rend très vite compte des capacités d’une personne. Elle doit posséder un ensemble de qualités, aussi bien au niveau du maquillage que de la psychologie. Il y a de la place pour tous ceux qui sont bons. Moi je n’ai jamais eu besoin de venir chercher du travail à Paris, cela fait 21 ans que je travaille en Provence. J’aime beaucoup mon métier. Sur PBLV, le HMC forme une très bonne équipe. Nous créons ensemble le personnage.